Comment prier (2)

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Les premières oraisons

« L’oraison mentale n’est à mon avis, qu’un commerce intime d’amitié où l’on s’entretient souvent seul à seul avec ce Dieu dont on se sait aimé. »
Ste Thérèse d’Avila (Vie chap. 7)

 

La conception de l’oraison chez Ste Thérèse d’Avila

D’emblée il faut constater que l’oraison est une réalité spirituelle complexe, difficile à saisir. Elle est de l’ordre de la foi et de l’expérience et varie selon les personnes.

Pour Ste Thérèse, toute prière personnelle faite dans le silence où l’esprit et le cœur s’occupent directement de Dieu s’appelle oraison. Mais Ste Thérèse considérera aussi comme faisant partie de l’oraison toute prière vocale où l’esprit et le cœur s’occupent :

  • soit du sens des paroles prononcées,
  • soit directement de Dieu, sans référence aux paroles récitées.

Chercher et demeurer dans la compagnie du Christ, telle est l’idée fondamentale que Thérèse se fait de l’oraison.

 

LE RECUEILLEMENT

« Je tâchais autant que possible de vivre en gardant en moi la présence de Jésus-Christ, notre Bien et Seigneur et c’était là mon mode d’oraison. »
Ste Thérèse d’Avila (Vie chap. 4 §7)

Le recueillement est la manière de prier qui a si bien réussi à Ste Thérèse dans les débuts. On peut y distinguer trois étapes :

  • Se recueillir
  • Réaliser en soi-même ou auprès de soi la présence vivante de Jésus
  • S’entretenir intimement avec Lui.

 

Se recueillir, qu’est-ce que c’est ?

C’est l’effort par lequel nous amenons nos sens et notre esprit à ne plus s’occuper du monde extérieur afin qu’ils se rendent disponibles pour entrer en contact direct avec Dieu.

 

Comment s’y disposer ?

Pour se recueillir, surtout dans les débuts, il convient de rechercher le silence et la solitude.
Une fois les sens extérieurs apaisés, nous serons vite assaillis par un monde intérieur de pensées et de sentiments les plus divers.

 

Que faire ?

Ste Thérèse nous conseille alors d’abandonner au Seigneur toutes ces pensées et ces sentiments en reconnaissant notre misère et notre condition de pécheur. Puis, elle nous demande de ne nous occuper que de Lui.

 

Conseils de Thérèse :

« Pour prier comme il convient, vous savez ce qu’on fait tout d’abord. On examine sa conscience, on se confesse à Dieu et on fait le signe de la Croix. »
Ste Thérèse d’Avila (Chemin de Perfection chap. 26, §1)

« Aussitôt après, appliquez-vous à trouver une compagnie. Et quelle meilleure compagnie pouvez-vous trouver que celle du Seigneur. »
Ste Thérèse d’Avila (Chemin de Perfection chap. 26, §1)

De la qualité de ce recueillement dépendra la qualité de l’oraison.

Cette forme de recueillement est acquise par nos propres moyens. Il ne s’agit pas ici du recueillement surnaturel dans lequel Dieu nous absorbe en Lui, mais réaliser la présence vivante du Christ en soi.

« Il est vivant le Seigneur devant qui je me tiens. »
1R 17,  1

Pour Ste Thérèse, il est primordial de prendre conscience que Dieu est là, qu’Il est à mes côtés ou en moi. Elle préfère cependant qu’on se représente le Christ au plus intime de soi car Il y demeure, en son centre comme en un château. À nous ensuite d’établir la relation personnelle, le contact direct avec le Seigneur.

 

Comment réaliser ce contact vivant ?

Ste Thérèse nous propose de le faire par une représentation du Christ en son Humanité. Mais puisqu’elle-même est incapable d’utiliser son imagination à cet effet, la représentation intérieure qu’elle nous propose est de l’ordre de la foi, d’une foi vive qui perçoit, sans voir, la Présence du Christ.

« Figurez-vous quelqu’un qui est aveugle, ou qui est dans l’obscurité. Il parle à une personne. Il sait qu’il est en sa présence, parce qu’il a la certitude qu’elle est là ; il comprend, il croit qu’elle est là mais il ne la voit pas. »
Ste Thérèse d’Avila (Vie chap. 9, §6)

 

Quelle attitude adopter ?

« Je ne vous demande qu’une chose : le regarder. »
Ste Thérèse d’Avila (Chemin de Perfection chap. 26, §1)

« Lui ne vous perd jamais de vue. »
Ste Thérèse d’Avila (Chemin de Perfection chap. 26, §3)

Le regard revêt une signification particulièrement importante pour Ste Thérèse. C’est dans cet échange de regards que s’exprime la relation personnelle. Ce regard est théologal : c’est un acte de foi, animé par l’amour et tendu vers le désir, l’espérance d’être uni à Dieu.

« Dieu et l’âme se comprennent, sans autre artifice, ces deux amis se communiquent leur amour mutuel. Comme ici-bas deux personnes qui s’aiment beaucoup et se comprennent bien semblent s’entendre sans échanger un signe, rien qu’en se regardant. »
Ste Thérèse d’Avila (Vie chap. 27, §10)

 

Entretien avec le Christ

Ste Thérèse nous conseille de tout mettre en œuvre pour garder un contact vivant avec le Christ et maintenir notre relation d’amour avec Lui.

« Tout ce qui vous incitera à aimer davantage, faites-le. »
Ste Thérèse d’Avila (4e Demeure chap. 1, §7)

Ces efforts pourront prendre la forme d’entretiens : entretien cœur à cœur, et entretien à thème évangélique.
 

Entretien cœur à cœur

Vient un moment où l’âme désireuse de demeurer en présence du Christ et de garder un contact intime avec Lui, rompt le silence et s’exprime en toute confiance, livrant le fond de son être.

« Nous pouvons (…) nous exercer à vivement nous éprendre de son Humanité sacrée, vivre en sa présence, lui parler, lui demander ce dont nous avons besoin, nous plaindre à lui de nos peines, nous réjouir avec lui de nos joies, et ne pas l’oublier pour autant, sans chercher des prières apprêtées, mais des mots conformes à nos désirs et à nos besoins. »
Ste Thérèse d’Avila (Vie chap. 12, §2)

Ste Thérèse estime que cet entretien seul à seul avec le Seigneur doit être empreint de vérité, de liberté et d’amour :

  • une vérité qui ne cache rien de sa misère, de ses faiblesses et de ses besoins, vérité de celui qui se sait aimé en dépit de tout,
  • une liberté qui est spontanéité, franchise, simplicité de ceux qui se connaissent intimement et qui peuvent tout se dire,
  • un amour qui est total, unique et vivant.

 

Entretien à thème évangélique

Ici, l’on s’engage dans une forme simplifiée de méditation dans le but d’enflammer la volonté. Ce qui caractérise cette méditation c’est le choix, non pas d’une idée générale mais d’une scène de l’Évangile.

« Il est bon de s’arrêter un moment pour méditer sur le mystère du Christ (…), de penser aux peines qu’Il a subies, pour quoi Il les a subies, qui était Celui qui les a subies et avec quel amour Il les a endurées. »
Ste Thérèse d’Avila (Vie chap. 13, §22)

Cependant, dès que l’on est éveillé à l’amour que l’on revienne à l’entretien cœur à cœur ou au simple regard.

Ste Thérèse nous met en garde contre tout effort contraignant pour prolonger cet entretien méditatif :

« …ne nous fatiguons pas à ne chercher toujours que cela. »
Ste Thérèse d’Avila (Vie chap. 13, §22)

« Il ne s’agit pas de beaucoup penser, mais de beaucoup aimer. »
Ste Thérèse d’Avila (4e Demeure chap. 1, §7)

 

CONSEILS

Pour arriver à garder le contact vivant avec le Christ ou pour y revenir Ste Thérèse nous suggère quelques petits moyens :

  • S’aider d’un bon livre
  • Avoir une image ou un portrait du Seigneur
  • Réciter une prière vocale comme le « Notre Père » en essayant de suivre les paroles et d’en pénétrer le sens.

Bien que Ste Thérèse nous ait laissé des suggestions très concrètes pour nous aider à faire oraison, elle n’a pas développé de « méthode d’oraison ». C’est le Seigneur seul qui en est le maître d’œuvre. Ainsi donc, ce qui caractérise sa manière de faire oraison, c'est plutôt l’extrême souplesse qui laisse à chacun la plus grande liberté.

Pour Ste Thérèse, l’essentiel est que nous restions « éveillé à l’amour ».

Pour calmer l’inquiétude des débutants et encourager à la persévérance tous ceux « qui ont commencé depuis longtemps » mais qui sont « persuadés » de perdre leur temps elle précise que c’est à ce moment-là « que la volonté s’amplifie et se renforce » mais « ils ne s’en rendent pas compte » Ste Thérèse d’Avila (Vie chap. 11, §15)

« Pensez-vous qu’Il se taise lorsque nous ne l’entendons pas ? Il parle fort bien au cœur, quand de tout cœur nous le lui demandons. »
Ste Thérèse d’Avila (Chemin de Perfection chap. 24, §5)

Elle reconnaît cependant que

« parfois le Seigneur vient tard, mais alors, il paie bien et il donne autant en une seule visite qu’Il a donné peu à peu en plusieurs années. »
Ste Thérèse d’Avila (Chemin de Perfection chap. 17, §2)

Pour que l’on puisse durer dans cet « entretien », Dieu dépose au plus secret de nous-même, un désir, une impatience d’avoir enfin une réponse de Lui. Et Il ne répondrait jamais ?

 

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Saint du jour
Sainte Thérèse d'Avila
1515-1582

Vierge et Docteur de l'Église

Sainte Thérèse d'Avila - 1515-1582 - Vierge et Docteur de l'Église

1515-1582
Sainte Thérèse de Jésus

Vierge et Docteur de l'Église
 
Religieuse espagnole,
réformatrice de  l'Ordre du Carmel au XVIe siècle.
 

   
Nom civil :  Teresa Sánchez de Cepeda y Ahumada
Nom religieux :  Teresa de Jesús
   
Naissance :  28 mars 1515
Décès :  dans la nuit du 4 au 15 octobre 1582
   
Fête :  15 octobre
Rang de la fête :  Solennité au Carmel
   
Béatification :  24 avril 1614
Canonisation :  12 mars 1622
Docteur :  27 septembre 1970

 

 

Les Musulmans, le Nouveau Monde, le protestantisme, le Concile de Trente, I’Inquisition, autant de problèmes en ce XVIe siècle auxquels Thérèse de Jésus (1515-1582) se trouve mêlée. Grande mystique et femme d’action, elle réforme le Carmel et multiplie les fondations, son audace et sa foi triomphant de tous les obstacles. La contemplative sait nous captiver lorsqu’elle montre le chemin de la perfection aux âmes éprises d’absolu.

 


Thérèse d'Ávila (en religion : Teresa de Jesús), née le 28 mars 1515 à Gotarrendura (Vieille-Castille) et morte dans la nuit du 4 au 15 octobre 1582 à Alba de Tormes en Espagne, est une religieuse espagnole, réformatrice de l'Ordre du Carmel au xvie siècle, sainte et docteur de l'Église. Profondément mystique, elle laisse des écrits sur son expérience spirituelle qui la font considérer comme une figure majeure de la spiritualité chrétienne.

La réforme qu'elle impulse dans l'Ordre du Carmel espagnol entraîne quelques années après sa mort la création d'une branche autonome au niveau de l'ordre : l'Ordre des Carmes déchaux. Cette nouvelle branche monastique s'étendra rapidement dans toute l'Europe puis le monde : le nombre des carmes réformés dépassera rapidement, et dépasse toujours, le nombre des carmes non réformés.

Thérèse est canonisée en 1622, sa fête liturgique est fixée le 15 octobre. Au xxe siècle, elle est déclarée docteur de l'Église catholique ; elle est la première femme à obtenir ce titre. Si son influence spirituelle, associée à celle de saint Jean de la Croix, a été très forte au xviie siècle, de nos jours, elle reste une référence au-delà de sa famille monastique et même à l'extérieur de l’Église catholique.

Elle est l'auteur de nombreux ouvrages tant biographiques que didactiques ou poétiques. Ceux-ci sont régulièrement réédités dans le monde entier. Elle est encore aujourd’hui le sujet de nombreuses publications.

Éphémérides
Fête de Sainte Thérèse d'Ávila
1515-1582
Sainte Thérèse d'Avila meurt à Alba de Tormès
1582-10-15
Fondation du Carmel de Hanoï – Vietnam
1895-10-15
Transfert du couvent de Montréal sur la Paroisse Saint-Denis
1896-10-15
Consécration de la nouvelle église du Carmel de Montréal
1898-10-15
La décision de fonder le Carmel de Danville est prise
1956-10-15
Le Pape Paul VI annonce son projet de nommer Sainte Thérèse de Jésus Docteur de l'Église
1967-10-15
Funérailles de Mlle Marie-Pila
1974-10-15
Inauguration du Couvent des Carmes à Montréal
1993-10-15
Fondation du couvent des Carmes à Trois-Rivières
2004-10-15
Parole du jour