Jésus

Thème Thérésien 

 

 

Jésus

 

« Ta Face est ma seule richesse
Je ne demande rien de plus
En elle me cachant sans cesse
Je te ressemblerai, Jésus…
Laisse en moi la Divine empreinte
De tes Fruits remplis de douceurs
Et bientôt, je deviendrai sainte
Vers toi j'attirerai les cœurs.
 » (Poésie 20)
 

Si on peut dire de Thérèse que sans Jésus il n'y a plus rien, de même on peut dire que pour Jésus, sans Thérèse, il y a une chose infiniment importante qui manque à son Église, c'est un incomparable cœur brûlant d'amour pur.

L'influence de Jésus sur Thérèse a été constante et de plus en plus nécessaire à son orientation vers un don total d'elle-même à l'Amour. Thérèse a tout misé sur l'amour et il arriva un moment où sa piété ne suffisait plus à son intense désir d'aimer. Il fallait qu'elle aille plus loin, jusque dans le feu même de l'amour divin, au-delà de sa doctrine de l'enfance spirituelle, de sa confiance et de son abandon.

Il n'y avait plus de réponse adéquate à son entendement dans l'abîme d'Amour où elle voulait se jeter. Alors elle a compris qu'il lui fallait tout centrer sur Jésus. Il est arrivé un moment pour Thérèse où sa quête de l'amour divin ne pouvait trouver qu'une réponse, qu'une issue, qui était Jésus seul.

Ce chemin qu'elle avait pris ne pouvait avoir que Jésus comme directeur parce que lui seul pouvait la conduire à la source de l'Amour, unique aspiration de son âme.

Elle pouvait dire : « Je demande à Jésus de m'attirer dans les flammes de son amour » (Ms C, 36). Et encore : « Jésus, Jésus, s'il est si délicieux le désir de t'Aimer, qu'est-ce donc de posséder, de jouir de l'Amour ? » (Ms B, 4v°)
 

Thérèse et « son seul ami » Jésus

Jésus tient une grande place dans la vie de Thérèse, on peut dire qu'Il tient toute la place. En repensant au jour de sa première communion, le 8 mai 1884, elle dira : « Depuis longtemps, Jésus et la pauvre petite Thérèse s'étaient regardés et s'étaient compris… » (Ms A, 35) Regarder Jésus, se laisser regarder par Jésus, ces mots reviennent bien souvent sous sa plume.
 

Regarder Jésus dans le quotidien

C'est son amour pour Jésus qui a poussé Thérèse à tout Lui donner. Tout sert à l'amour. Tout peut prouver l'amour. Elle ne laisse passer aucune occasion qui se présente : les petits sacrifices, les petits riens de chaque jour : un sourire, un petit service à rendre.
 

Regarder Jésus, c'est vivre avec Lui. C'est L'aimer à chaque instant.

Et la prière de Thérèse ? Quand Thérèse nous définit la prière, elle nous dit : « C'est un élan du cœur, c'est un simple regard jeté vers le Ciel, c'est un cri de reconnaissance et d'amour au sein de l'épreuve comme au sein de la joie ; enfin c'est quelque chose de grand, de surnaturel qui me dilate l'âme et m'unit à Jésus. » (Ms C, 25)
 

Un exemple dans la nature

Thérèse a passé ses premières années à la campagne, à Semallé. Elle a rencontré Dieu dans le grand livre de la nature.

Tout lui parle de Celui qu'elle aime. Elle dit volontiers que c'est le Soleil qui l'a fait grandir. Elle aime regarder les pâquerettes. Elle partage souvent ses découvertes avec sa sœur Céline : « Je vois avec étonnement que le matin leurs corolles rosées sont tournées du côté de l'aurore, elles attendent le lever du Soleil ; aussitôt que cet astre radieux a envoyé vers elles un de ses chauds rayons, les timides fleurettes entrouvrent leurs calices et leurs feuilles mignonnes forment comme une couronne qui, laissant découverts leurs petits cours jaunes, donnent aussitôt à ces fleurs une grande ressemblance avec celui qui les a frappées de sa lumière. Pendant toute la journée, les pâquerettes ne cessent de fixer le Soleil et tournent comme lui jusqu'au soir. » (LT 134)

Et Thérèse de commenter : « Quand Jésus a regardé une âme, aussitôt il lui donne sa divine ressemblance, mais il faut que cette âme ne cesse de fixer sur Lui seul ses regards. » (LT 134)

Pour Thérèse, le regard de Jésus est efficace, il fait ressembler à Jésus Lui-même.
 

Un regard d'amour

À la fin de sa vie, lorsqu'on demandera à Thérèse qu'est-ce qu'elle dit à Jésus quand elle prie, elle répondra tout simplement : « Je ne lui dis rien, je l'aime ! » (DE/G, 9.2) Comme ces époux qui ont traversé ensemble des joies et des épreuves et qui ont duré dans un amour toujours plus fort ; ils se comprennent sans paroles : l'amour suffit.
 

Regarder Jésus… et les autres ?

Pour Thérèse, ce regard d'amour est apostolique. À Céline encore, elle écrit : « Il veut que sa petite fleur lui sauve des âmes, il ne veut pour cela qu'une chose, que sa fleur le regarde […] Et c'est ce mystérieux regard échangé entre Jésus et sa petite fleur, qui fera des merveilles et donnera à Jésus une multitude d'autres fleurs. » (LT 127)

Le regard sur Jésus sera toujours premier pour tout apostolat.

Ce regard d'amour, Thérèse l'a vécu dans la foi, sur la terre.

Et maintenant, n'est-ce pas toujours son regard, fixé sur Jésus, qui fait tant de merveilles aujourd'hui pour ses frères et sœurs en route vers la vraie vie ?

Que Thérèse nous apprenne à regarder Jésus et à vivre sous son regard d'amour.

Sr. Thérèse-Annette, ocd / Montréal

 

Jésus, mon seul ami…

 

Jésus, mon Premier, mon seul Ami...

En 1894, elle rend hommage à la Très Sainte Trinité. Deux ans plus tard, elle s'adresse directement à Jésus, elle le tutoie même et dans un style qui ne laisse aucun doute sur ses sentiments : mon unique ami, mon bien-aimé, mon amour, ma vie, mon aigle adoré, « je t'aime ». Tout comme sans broncher davantage, dans les manuscrits autobiographiques, elle l'appelle son époux, son fiancé, son unique directeur.

N'allons pas lire ses aveux dans le contexte indiscret du voyeurisme moderne. Tous ces mots, elle les a déjà formulés tout au fond de son cour dans la prière et l'oraison. Rien d'abstrait. Jésus est ni plus ni moins que l'artiste de son âme.

Entre temps, elle dira à la manière de l'époque qui fut longtemps la nôtre, le Bon Dieu. C'est que son Bon Dieu, elle le connait et de mieux en mieux, à travers Jésus : « Nul ne connaît le Fils sinon le Père et nul ne connaît le Père si ce n'est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler » (Mt 11, 27). Toujours le même mystère trinitaire qui l'enveloppe.

Désormais — la vie est courte ! — elle veut tout savoir ou plutôt tout apprendre de Jésus qui lui révélera l'immense bonté de son Bon Dieu et Son étonnante miséricorde.

Elle plonge dans les textes sacrés, surtout l'Évangile, s'inspire de la liturgie, lit, écoute, réfléchit, prie ; dans ses derniers écrits elle n'hésite pas à recopier de longs extraits d'Évangile, Jean 17, 4-24 par exemple, comme si les paroles de Jésus étaient devenues siennes. Mais pourquoi pas ?

Le fait que Jésus son époux n'ait rien épargné, pas même sa vie, et tant de souffrances pour dire son amour à l'humanité, l'impressionne pour ne pas dire la stimule. Elle fera de même. Il faut. Amour oblige !

Victime volontaire de l'amour, elle se fera au besoin petite à l'imitation de Jésus, Fils de Dieu pourtant, enfant à Bethléem. D'ailleurs, son nom l'y appelle : Thérèse de l'Enfant-Jésus. Et comme pour suivre l'Ami, l'Époux partout où il va, elle prendra la route austère de la souffrance quitte à se retrouver avec un double nom : sœur de l'Enfant-Jésus... et de la Sainte Face. Tel sera son nom final jusqu'à son Vendredi-Saint à elle, le 30 septembre 1897. Au Ciel elle veut passer son temps à faire aimer le même et unique Jésus. De la suite dans les idées, quoi !

P. Benoît Lacroix, op / Montréal

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Sainte Marie Madeleine de Pazzi

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Religieuse italienne de l'ancienne observance,
grande mystique
 

   
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Nom religieux :  Marie Madeleine de Pazzi
  Maria Maddalena de 'Pazzi'
Naissance :  2 avr 1566
Décès :  25 mai 1607
   
Fête :  25 mai
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Canonisation :  22 avr 1669
Docteur :  //

 

Les Manuscrits de Marie-Madeleine de Pazzi (1566-1607) nous renseignent sur sa vie mystique qui marqua profondément ses sœurs du Carmel de Florence où elle mena une vie cachée de prière et de renoncement durant 25 ans. Préoccupée, elle aussi, de la réforme de l’Église, c’est par le renouveau spirituel qu’elle y travailla.

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