La Charité fraternelle

Thème Thérésien 

 

Vivre d'amour, c'est naviguer sans cesse
Semant la paix, la joie dans tous les cœurs
« Pilote Aimé, la Charité me presse
Car je te vois dans les âmes mes sœurs
La Charité voilà ma seule étoile
A sa clarté je vogue sans détour
J'ai ma devise écrite sur ma voile :
“Vivre d'Amour”
 » PN 17
 

La charité fraternelle

Thérèse n'a pas été celle qui a dit : Seigneur ! Seigneur ! et qui ensuite se complaît dans une relation purement sentimentale avec Jésus.

La petite voie d'enfance qu'elle a ouverte a été pour Thérèse un chemin très concret de charité fraternelle. Au service de ses sœurs, elle a suivi le chemin étroit du don de soi dans une incessante attention à l'amour qu'elle leur devait, en complète union avec le commandement de l'amour mutuel donné par Jésus : « Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. À cet amour que vous aurez les uns pour les autres, tous vous reconnaîtront pour mes disciples. »

Le témoignage incomparable de Thérèse et sa fécondité spirituelle se situent là. Étant intimement persuadée de sa propre faiblesse quant à la charité fraternelle, elle a tout misé sur Jésus, sur sa grâce prévenante. « Oui, je le sens, dit-elle, lorsque je suis charitable, c'est Jésus seul qui agit en moi. » (Ms C, 12v°)

Thérèse savait que Jésus seul pouvait rendre son amour parfait, ce qu'elle désirait de toute son âme. Et nous lui laissons le mot de la fin : « Ah ! je comprends maintenant que la charité parfaite consiste à supporter les défauts des autres, à ne point s'étonner de leurs faiblesses, à s'édifier des plus petits actes de vertus qu'on voit pratiquer, mais surtout j'ai compris que la charité ne doit pas rester enfermée dans le fond du cœur. » (Ms C, 12r°)

La charité parfaite

C'est en Jésus seul que nous devons puiser l'amour. Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus nous confie que « Jésus Lui-même l'instruisait en secret des choses de son amour. » (Ms A, 49r°) Elle a tellement puisé en Lui et Il l'a tellement instruite de ses désirs d'Amour — car Il lui donne « la grâce de comprendre plus que jamais combien Il désire être aimé » (Ms A, 84r°) — qu'elle fait la grande découverte de sa vocation : « Dans le Cœur de l'Église, ma Mère, je serai l'Amour, ainsi je serai tout. » (Ms B, 3v°)

C'est donc Jésus seul, par la grâce de son Esprit-Saint, qui transforme son âme en un tel « brasier d'amour ».
 

Aimer Jésus de tout son cœur

On peut se demander comment s'est réalisé cet acte d'amour si parfait ? C'est en accomplissant comme Jésus les desseins du Père et en étant comme Lui un instrument au service de la charité : « Aimer Jésus de toute la force de notre cœur et lui sauver des âmes pour qu'il soit aimé. » (LT 96) Elle ne veut pas être une entrave à l'amour de Dieu pour sa créature.

 

Non seulement elle lit l'hymne à la charité mais elle la médite et la met en acte. Car il faut passer de la capacité d'aimer à l'amour effectif. Saint Paul dit : « Nul d'entre nous ne vit pour soi-même comme nul ne meurt pour soi-même. » (Rm 14, 7) « La charité ne cherche pas ce qui est à elle. Elle est patiente, bénigne, sans envie, sans malice, sans orgueil, sans ambition, […] elle supporte tout ce qui convient à la charité. » (1Co 13, 4-8)

Sainte Thérèse avait « une charité rayonnante qui se manifestait avec une délicatesse extraordinaire. »

Le Père Marie-Eugène raconte « qu'il y avait au Carmel de Lisieux une sœur un peu maniaque, comme il s'en trouve partout. Elle avait besoin de quelqu'un pour l'aider dans son emploi mais personne ne voulait travailler en sa compagnie parce qu'elle imposait ses façons de faire. Un jour donc, Thérèse va, par charité, trouver la Mère prieure pour lui dire “Ma Mère, sœur X… n'a pas d'aide ; cela m'arrangerait bien que vous m'y mettiez, je crois que j'aimerais cet emploi”. La Mère prieure saisit la balle au bond et envoie sœur Thérèse aider cette sœur quelques heures par jour. Sour Thérèse s'y rend donc, et aimablement, s'assied, tient l'aiguille et fait tout le travail exactement selon ses prescriptions ; chaque fois qu'elle éprouvait de l'agacement envers l'autre sœur, elle lui faisait un beau sourire. Et ceci a duré des mois ! Il faut mesurer ce que cela représente. »

Dans ses manuscrits elle nous livre ce qu'est la charité parfaite : « La charité parfaite consiste à supporter les défauts des autres, à ne point s'étonner de leurs faiblesses, à s'édifier des plus petits actes de vertus qu'on leur voit pratiquer. » (Ms C, 12r°)

À l'infirmerie alors qu'elle déjà était très malade elle disait : « Je me suis dit que je devrais être aussi compatissante pour les infirmités spirituelles de mes sœurs, que vous l'êtes, ma Mère…, en me soignant avec tant d'amour. » (Ms C, 27v°)

Vivre parfaitement la charité, c'est humainement chose impossible...
 

Ne jamais se décourager

Il est possible que nous manquions à la charité envers Dieu et envers nos frères : « Sans doute, on peut bien tomber, on peut commettre des infidélités, mais, l'amour sachant tirer profit de tout, a bien vite consumé tout ce qui peut déplaire à Jésus, ne laissant qu'une humble et profonde paix au fond du cœur... » (Ms A, 83r°)

Par-dessus tout, il faut se laisser consumer par « l'Amour miséricordieux (qui) ne laisse aucune trace de péché » (Ms A, 84r°), et puiser dans cet abîme de charité qu'est le cœur de Dieu, la force d'aimer inlassablement.

C'est l'Esprit-Saint, renouvelant toutes choses, qui fera que s'allume en nous le feu de son Amour et qu'il se répande en plénitude, en nous et au cœur de l'Église.

 

Margot Ouellet / Montréal.

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Sainte Marie-Madeleine de Pazzi
1566-1607

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Sainte Marie-Madeleine de Pazzi - 1566-1607 - Vierge

1566 – 1607
Sainte Marie Madeleine de Pazzi

Vierge
 
Religieuse italienne de l'ancienne observance,
grande mystique
 

   
Nom civil :  Catherine de Pazzi
Nom religieux :  Marie Madeleine de Pazzi
  Maria Maddalena de 'Pazzi'
Naissance :  2 avr 1566
Décès :  25 mai 1607
   
Fête :  25 mai
Rang de la fête :  Solennité au Carmel
   
Béatification :  8 mars 1626
Canonisation :  22 avr 1669
Docteur :  //

 

Les Manuscrits de Marie-Madeleine de Pazzi (1566-1607) nous renseignent sur sa vie mystique qui marqua profondément ses sœurs du Carmel de Florence où elle mena une vie cachée de prière et de renoncement durant 25 ans. Préoccupée, elle aussi, de la réforme de l’Église, c’est par le renouveau spirituel qu’elle y travailla.

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