Bx Titus Brandsma — Qui es-tu ?

Carme, mystique, éducateur, journaliste, martyr

1881 – 1942

 « Dieu dit le dernier mot et récompense son fidèle serviteur.
Celui qui veut gagner le monde au Christ
doit avoir le courage d'entrer en conflit avec le monde. »


 

Titus Brandsma, Carme hollandais, de plus en plus connu de par le monde, est comme une source et une inspiration. Son impulsion atteint les éducateurs, les laïcs dans l'Église, les journalistes et les étudiants, les travailleurs pour la justice et la paix, les personnes en détresse, les malades et les solitaires, les marginalisés de la société, les chercheurs de Dieu... 

Titus est un Carme taillé dans l’Ordre séculaire du Carmel reconnu pour sa spiritualité et son mysticisme. Titus est un mystique dont le regard pénètre les besoins de la société et de l'Église. Il aime son époque et en perçoit les multiples possibilités ; il s’y plonge par son implication. Pour lui, la spiritualité n'est pas une abstraction, mais une vie bien enracinée dans la réalité concrète. 

Engagé en faveur de la promotion et du développement de la personne humaine dans un monde juste, il est actif dans le mouvement pour la paix et la vérité. Avec détermination et au risque de sa vie, il entre dans la résistance contre le régime totalitaire d'Hitler. Cet engagement est son chemin vers le camp de Dachau où il a perdu la vie. 

  Sa Vie

Titus Brandsma est né sous le nom de Anno Sjoerd Brandsma le 23 février 1881, près de Bolsward dans le nord de la Hollande. Sa famille, profondément chrétienne, est issue d'une longue lignée de fermiers frisons. À onze ans, il commence ses études secondaires chez les Franciscains où l'appel au sacerdoce se précise. Mais la spiritualité séculaire du Carmel, avec son attention particulière à la dimension mystique de la vie de foi, l'attire fortement. Il sait que l'action et la contemplation y sont inséparablement unies. Titus entre au Carmel de Boxmeer en 1895. Il est heureux dans sa cellule où il trouve l'espace mystique qui favorise son appel personnel. C'est là aussi qu'il complète ses études philosophiques et théologiques. En 1905 il est ordonné prêtre. Ses supérieurs le dirigent vers Rome où, à l'Université Grégorienne, il obtient le doctorat en philosophie en 1909. 

Dès son retour, Titus est nommé professeur au grand séminaire de son Ordre. L'éducation lui permettra, toute sa vie, de donner la meilleure part de lui-même. Le cœur profondément ancré et alimenté dans la solitude de sa chère cellule, malgré une santé toujours fragile, il est actif sur de multiples fronts de la vie sociale et spirituelle de l'avant-guerre. 

La Frise, pays de digues, menacé par les forces de la nature, veille et lutte... Titus aime la Frise et sa langue. Il s'intéresse spécialement à son riche passé et cherche à le protéger, à le raviver, et à le rénover dans sa tradition spirituelle. Il faut, de plus, combler le retard scientifique afin de contribuer à la croissance de tout l'homme. Aujourd'hui encore, portée par l'élan dont Titus fut l’un des précurseurs, la Frise poursuit la promotion de sa culture. 

En 1923, Titus Brandsma est nommé professeur à l'Université Catholique de Nimègue, érigée cette année-là, durant une période d'évolution rapide de la Hollande catholique. Il est chargé d'enseigner l'histoire de la philosophie et du mysticisme, en particulier le mysticisme des Pays-Bas. L'héritage des mystiques constitue pour Titus une source intarissable : Hadewich, Ruysbroeck, Geert Grote et la Dévotion Moderne, ainsi que Thérèse d'Avila et tant d'autres deviennent ses compagnons de route. Ses hautes envolées académiques ne l'empêcheront pas d'ouvrir les avenues de la « mystique-de-l'ordinaire » par un nombre incalculable de publications, aussi bien populaires que scientifiques. À l’occasion de la béatification de sainte Thérèse de Lisieux il écrit : 

« Généralement on attend quelque chose de spécial d'un saint, quelque chose qui sort de l'ordinaire, quelque chose qu'on pourrait appeler le poème de la vie du saint. Ici, pourtant, on voit la sainteté si prosaïque et ordinaire que, de l'extérieur, on n'y voit pas la sainteté. Mais, précisément, c'est cela la vraie sainteté. » 

Son discours inaugural comme Recteur de l'Université sur « l'image de Dieu » reste gravé dans les mémoires ; il est conservé dans des périodiques dont, pour plusieurs, il est l'initiateur. Ses contributions à Ons Geestelijk Erf (Notre Héritage Spirituel) sont hautement appréciées. 

Durant l'été 1935, Titus donne des conférences en Amérique sur le mysticisme du Carmel. Il prend la parole à l'Université de Washington, dans des collèges à Chicago, Niagara Falls et Middletown, ainsi que dans les couvents des Carmes, dont ceux de New-York et d’Allentown. Durant son voyage en Amérique du Nord, il séjourne au monastère de Niagara Falls. Il écrira que la beauté et l'immensité de la nature le plongent dans le mystère de Dieu Créateur et la manifestation de son Amour, tandis que ses yeux et ses oreilles restent captifs de la splendeur des chutes. 

Actif dans le mouvement de l'union des Églises, étant en cela un précurseur de l'œcuménisme, sa responsabilité à l'Université va de pair avec de hautes fonctions dans la direction de deux organisations qui lui tiennent à cœur : l'enseignement secondaire avec la création de lycées qui, de nos jours encore, ne cessent de se développer, ainsi que le journalisme catholique. Écrire était pour lui un besoin, car il croyait que la vie mystique appartient au peuple. C'était de plus un service. Inlassablement, il porte secours aux journaux en difficulté dans un contexte de plus en plus inquiétant. La politique d'Hitler en Allemagne est obscure et menaçante. Dès 1935, Titus s'oppose publiquement, dans des enseignements et des publications, aux théories nazies et à la persécution des Juifs. 

Titus est connu comme un mystique « sur le terrain ». Il puise dans sa relation à Dieu une force surhumaine qui le remplit de zèle et le pousse à l'action. Quand l'occupation allemande devient un fait, le 10 mai l940, il réagit vigoureusement contre la discrimination des enfants juifs dans les écoles. Pour sa part, Mgr Jan de Jong, « l'archevêque de la résistance », ne tarde pas à sévir avec force et sanctions lorsque les journaux sont sollicités pour soutenir la propagande nazie. Titus, aviseur national depuis l935 de l'Association catholique des journalistes, le seconde avec conviction et audace. Sans reculer devant des démarches personnelles dangereuses, il entrera dans une lutte qui exigera tout ce qu'un homme peut donner. Il entreprend un voyage long et périlleux pour visiter les rédacteurs de tous les journaux catholiques afin de leur communiquer la décision des évêques et de les inviter à prendre position contre le nazisme. 

Cette démarche est vue comme une résistance au régime. Le 19 janvier l942, Titus est arrêté au couvent des Carmes à Nimègue et emprisonné. Commence alors son chemin de croix. Il est détenu à la prison d'Arnhem, transféré à Scheveningen, puis déporté à Amersfoord et finalement dirigé vers le camp de concentration de Dachau le 13 juin. Très affaibli et malade, Titus voit sa santé se détériorer rapidement. Dans la baraque des malades, il reçoit la piqûre toxique et meurt le 26 juillet 1942. Il a été béatifié le 3 novembre 1985 en tant que martyr par le pape Jean-Paul II. 

 

  Dernière cellule : la prison

« Ô Jésus, lorsque je te contemple,
À nouveau je sens combien je t'aime
Et que ton cœur à toi m'aime aussi
Comme ton ami le plus intime.

Même si cela réclame plus de courage,
Oh! toute souffrance m'est bonne,
Parce que par elle je te ressemble
Et c'est la voie vers ton Royaume.

Je suis heureux dans ma douleur
Qui pour moi n'est plus douleur,
Mais mon lot choisi entre tous,
Qui m'unit à toi, mon Dieu.

Oh! laisse-moi seul et silencieux,
Dans toute froideur qui m'environne,
Et que personne ne m'approche,
Jamais je ne serai las d'être seul.

Parce que, Jésus, tu es avec moi,
Jamais je n'ai été plus proche de toi.
Reste avec moi, reste, doux Jésus,
Ta présence, pour moi, compense tout.
»

 

MOURIR POUR LA CAUSE QUI L'A FAIT VIVRE
                        LE SAINT CACHÉ
                                                 UN PHARE POUR L'AVENIR

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1835 – 1907
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Józef Kalinowski

Prêtre
 
Religieux polonais,
restaurateur du Carmel en Pologne et confesseur.
 

   
Nom civil :  Józef Kalinowski
Nom religieux :  Raphaël de saint-Joseph
  Rafał Kalinowski
Naissance :  1 septembre 1835
Décès :  15 novembre 1907
   
Fête :  19 novembre
Rang de la fête :  "Mémoire obligatoire" au Carmel
   
Béatification :  22 juin 1983
Canonisation :  17 novembre 1991
Docteur :  //

 

Joseph Kalinowski (1835-1907), polonais, né à Vilna, a été officier dans l’armée russe. Amené à commander l’insurrection polonaise en Lithuanie, il est condamné à dix ans de déportation en Sibérie où s’exerce son immense charité. Libéré, il vient à Paris comme précepteur du jeune prince Auguste Czartoryski qui deviendra salésien et sera béatifié. À quarante-deux ans, il entre chez les carmes en Autriche sous le nom de Raphaël de Saint-Joseph et restaure la province carmélitaine de Pologne avec l’aide de deux Pères venus de France.

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Joseph Kalinowski (1835-1907), polonais, né à Vilna, a été officier dans l’armée russe. Amené à commander l’insurrection polonaise en Lithuanie, il est condamné à dix ans de déportation en Sibérie où s’exerce son immense charité. Libéré, il vient à Paris comme précepteur du jeune prince Auguste Czartoryski qui deviendra salésien et sera béatifié. À quarante-deux ans, il entre chez les carmes en Autriche sous le nom de Raphaël de Saint-Joseph et restaure la province carmélitaine de Pologne avec l’aide de deux Pères venus de France.

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