Frère Laurent de la Résurection — Pensées

 Nicolas Herman

1614 – 1691

 PENSÉES

 


Des petits entretiens avec Dieu


« Il faut s’appliquer continuellement à ce qu’indifféremment toutes nos actions soient une manière de petits entretiens avec Dieu, pourtant sans étude, mais comme ils viennent de la pureté et simplicité du cœur. »

(MS 7)

 

La pratique de la présence de Dieu

 

« La pratique la plus sainte, la plus commune et la plus nécessaire en la vie spirituelle est la présence de Dieu : c’est de se plaire et s’accoutumer en sa divine compagnie, parlant humblement et s’entretenant amoureusement avec lui en tout temps, à tous moments, sans règles ni mesure, surtout dans le temps des tentations, des peines, des aridités, des dégoûts et même des infidélités et des péchés. »

(MS 6)

 

 

« La présence de Dieu est la vie et la nourriture de l'âme, qui se peut acquérir avec la grâce de Dieu. En voici les moyens […] »

 

 

Les moyens pratiques

 

 « Le premier moyen est une grande pureté de vie. »

 

 

 

« Il faut une grande fidélité à la pratique de cette présence et au regard intérieur de Dieu en soi, qui se doit toujours faire doucement, humblement et amoureusement, sans se laisser aller à aucun trouble ou inquiétude. »

 

 

 

« Il faut prendre un soin particulier que ce regard intérieur, quoique d’un moment, précède vos actions extérieures, que de temps en temps il les accompagne, et que vous les finissiez toutes par là. Comme il faut du temps et beaucoup de travail pour acquérir cette pratique, aussi ne faut-il pas se décourager lorsqu’on y manque, puisque l’habitude ne se forme qu’avec peine ; mais lorsqu’elle sera formée, tout se fera avec plaisir. »

 

 

Que Lui dire

 

 
« Il ne sera pas hors de propos, pour ceux qui commencent cette pratique, de former intérieurement quelques peu de paroles, comme : « Mon Dieu, je suis tout à vous » ; « Dieu d’amour, je vous aime de tout mon cœur » ; « Seigneur, faites-moi selon votre cœur » ou quelques autres paroles que l’amour produit sur-le-champ. »

(MS)

 

Quelques préalables

 

 
« Cette présence de Dieu, un peu pénible dans les commencements, pratiquée avec fidélité, opère secrètement en l’âme des effets merveilleux, y attire en abondance les grâces du Seigneur et la conduit insensiblement à ce simple regard, à cette vue amoureuse de Dieu présent partout, qui est la plus sainte, la plus solide, la plus facile et la plus efficace manière de faire oraison. »

(MS)

 

 

 « Je sais que pour cela, il faut que le cœur soit vide de toutes autres choses, Dieu le voulant posséder seul ; et comme il ne peut le posséder seul sans le vider de tout ce qui n’est pas lui, ainsi ne peut-il y agir ni y faire ce qu’il voudrait. »

(L 3)

 

 

 « Il faut faire de notre cœur un temple spirituel pour Dieu où nous l’adorons sans cesse. Il faut veiller sans relâche sur nous-mêmes pour ne rien faire ni rien dire et ne rien penser qui lui puisse déplaire. »

(L 15)

 

L'Abandon

 

 
« Durant les 10 premières années [de sa vie religieuse], j’ai beaucoup souffert. L’appréhension que j’avais de n’être pas à Dieu comme je l’eusse souhaité, mes péchés passés toujours présents à mes yeux, et les grandes grâces que Dieu me faisait, étaient la source de tous mes maux. Durant tout ce temps je tombais souvent et je me relevais aussitôt. Il me semblait que les créatures, la raison et Dieu même fûssent contre moi. »

(L 2)

 

Persévérance

 

 

 
« Lorsque l’esprit a contracté quelques méchantes habitudes d’égarement et de dissipation, elles sont difficiles à vaincre et ordinairement elles nous entraînent malgré nous aux choses de la terre. Je crois qu’un remède à cela est d’avouer nos fautes et de nous humilier devant Dieu. Je ne vous conseille pas de beaucoup discourir à l’oraison, les longs discours étant souvent des occasions d’égarement. Tenez-vous-y devant Dieu comme un pauvre muet et un paralytique à la porte d’un riche. Occupez-vous à tenir votre esprit en la présence du Seigneur. S’il s’égare et s’en retire quelquefois, ne vous en inquiétez pas, les troubles de l’esprit servent plutôt à le distraire qu’à le rappeler ; il faut que la volonté le rappelle tranquillement. Si vous persévérez de la sorte, Dieu aura pitié de vous. »

(L 7)

 

 

Foi et don de Dieu

 

 
« Dieu a des trésors infinis à nous donner ; et une petite dévotion sensible, qui passe en un moment, nous satisfait… Que nous sommes aveugles, puisque par là nous lions les mains à Dieu et nous arrêtons l’abondance de ses grâces. Mais lorsqu’il trouve une âme pénétrée d’une foi vive, il lui verse des grâces en abondance. C’est un torrent arrêté par force contre son cours ordinaire qui, ayant trouvé une issue, se répand avec impétuosité et avec abondance. Oui, souvent nous l’arrêtons, ce torrent, par le peu d’estime que nous en faisons…Rentrons en nous-mêmes, rompons cette digue, faisons jour à la grâce… »

(L 1)

 

Dans l'épreuve

 

 
« Je voudrais que vous puissiez vous persuader que Dieu est souvent plus près de nous dans le temps des maladies et des infirmités que lorsque nous jouissons d’une parfaite santé. Mettez toute votre confiance en lui. »

(L 11)

 

Si…

 

 
« Si nous étions bien habitués dans l’exercice de la présence de Dieu, toutes les maladies du corps nous en seraient légères. Souvent Dieu permet que nous souffrions un peu pour purifier notre âme et nous obliger de demeurer avec lui. Prenez courage, offrez-lui sans cesse vos peines, demandez-lui des forces pour les souffrir, surtout accoutumez-vous à vous entretenir souvent avec lui et ne l’oubliez que le moins que vous le pourrez. Adorez-le dans vos infirmités, offrez-lui de temps en temps, et, dans le plus fort de vos douleurs, demandez-lui, humblement et amoureusement, comme un enfant à son bon père, la conformité à sa sainte volonté et le secours de sa grâce. Je vous y aiderai par mes pauvres et chétives prières. Dieu a plusieurs moyens pour nous attirer à lui. Il se cache quelquefois de nous, mais la foi seule, qui ne nous manquera pas au besoin, doit être notre soutien et le fondement de notre confiance, qui doit être toute en Dieu. »

(L 13)

 

Ah !…

 

 
« Ah ! Si nous savions la nécessité que nous avons des grâces et des secours de Dieu, nous ne le perdrions jamais de vue, pas même pour un moment. »

(L 3)

 

Une vie épanouie

 

 
« Ce qui me console en cette vie est que je vois Dieu par la foi. Et je le vois d’une manière qui pourrait me faire dire quelquefois : “je ne crois plus, mais je vois, j’expérimente ce que la foi nous enseigne”. Et sur cette assurance et cette pratique de la foi, je vivrai et mourrai avec lui. »

(L 11)

 

 

 
« L’on serait surpris si l’on savait ce que l’âme dit quelquefois à Dieu, qui semble se plaire si fort dans ces entretiens qu’il lui permet tout, pourvu qu’elle veuille toujours demeurer avec lui et en son fond. Et comme s’il craignait qu’elle ne retournât à la créature, il prend soin de lui fournir tout ce qu’elle peut désirer, si bien qu’elle trouve souvent au-dedans de soi une nourriture très savoureuse et très délicieuse à son goût, quoiqu’elle ne l’ait jamais désirée ni procurée en aucune manière et sans même y avoir contribué de sa part que le seul consentement. »

(MS 25)

 

Adorer Dieu en esprit et en vérité

 

 
« Adorer Dieu en vérité, c’est encore avouer que nous lui sommes entièrement contraires et qu’il veut bien nous rendre semblables à lui, si nous le voulons. »

(EN 12-14)

 

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