Bse Françoise d’Amboise — Qui es-tu ?

1427 – 1485

  Sa Vie

La bonne duchesse

C’est en pleine guerre de Cent Ans, au château de Thouars, le 9 mai 1427 qu’est née Françoise, fille du très riche seigneur Louis d’Amboise, prince de Talmont et vicomte de Thouars et de Louise-Marie de Rieux. Malheureusement, celle-ci se trouve très tôt confrontée à la violence des grands seigneurs, elle est obligée de s’enfuir avec sa mère à la cour de Bretagne qui réside à Vannes, puis à Nantes.

Dès l’âge de trois ans elle est fiancée pour des raisons politiques à Pierre, le second fils du Duc, qu’elle épouse à l’âge de 15 ans, en 1442. Celui-ci est appelé à gouverner la Bretagne en 1450, après la mort de son frère et devient Pierre II. Déjà, elle a gagné les cœurs par son entrain et sa gaieté, sa patience aussi et son tact, à l’égard de son mari aux qualités humaines moins évidentes !

Françoise, la « Bonne Duchesse », comme on l’appellera après son couronnement, prend une part discrète mais active au gouvernement. On loue son sens aigu de la justice, sa proximité envers les petits, les pauvres, les malades. Mais le duc PIERRE II est emporté par la maladie dès 1457. Veuve et sans enfants (elle venait d’avoir trente ans), Françoise pense à la vie religieuse. Pourquoi pas chez les Clarisses qu’elle vient d’établir à Nantes ?

Sa famille s’oppose à ce projet : le duc Arthur III qui lui fut si dévoué dans sa jeunesse est inflexible : une riche et jeune douairière n’entre pas en religion ! Son père, Louis d’Amboise. menace de la déshériter. Devant sa détermination, on fait appel à plus puissant : le jeune Louis XI, roi de France, venu en Bretagne, veut la faire venir à Nantes où il espère bien la décider à le suivre à la Cour. Il pense même la faire enlever ! Françoise ne dût son salut qu’à l’affection du peuple nantais et au dévouement d’un gentilhomme breton, l’amiral Quelennec. Dix ans vont s’écouler avant que Françoise ne puisse réaliser son projet de vie religieuse. Elle fait deux essais de vie religieuse, sans succès, chez les Clarisses de Nantes.

 

  Au Carmel

Le Carmel

La rencontre avec jean Soreth, Prieur général des Carmes, venu visiter les couvents de Bretagne, est déterminante dans son choix : c’est, au Bondon, à Vannes, que Dieu l’attend… En effet, le père Jean Soreth caressait le désir d’implanter en Occident des couvents de Carmélites. Un essai à Liège où il avait donné un début de constitutions à un couvent de béguines s’était avéré un succès. Pourquoi ne fonderait-il pas un couvent de moniales auquel on donnerait des constitutions s’inspirant de celles des pères Carmes ?

Les circonstances sont favorables, Françoise a les moyens de fonder et de doter un tel couvent. À proximité du couvent des frères Carmes fondé en 1427, au Bondon, près de Vannes, elle fait construire une maison pour accueillir 9 religieuses qui arriveront de Liège (Flandres) le 2 novembre 1463. Ce sera le premier carmel féminin de France, placé sous le vocable des « Trois-Marie » : Marie, mère de Jésus, Marie Salomé et Marie Jacobé. Ce n’est que cinq ans plus tard, après avoir réglé des affaires difficiles et déjoué les intrigues de Louis XI, son cousin, qui veut la remarier, que Françoise peut enfin franchir la porte du petit monastère.

A 41 ans, le 25 mars 1468, elle reçoit l’habit du Carmel, et un an plus tard, elle s’engage par la profession religieuse. Élue Prieure de sa communauté de Vannes qui, peu après (1477) se transfère aux « Couëts », à Nantes, Mère Françoise exerce sa charge avec douceur, fermeté, mais aussi humilité et dévouement. Ayant voulu assumer seule le soin d’une sœur dite atteinte de la peste, elle meurt le 4 novembre 1485, victime de sa charité.

 

Rayonnement


Quatre monastères vivront jusqu’à la Révolution française selon les Constitutions de Françoise d’Amboise :

  • les Couëts à Nantes
  • Notre-Dame de Nazareth, 2e couvent établi à Vannes en 1530 et ses 2 fondations :
  • le Saint Sépulcre à Rennes( 1622)
  • Bethléem à Ploërmel (1627)
 

  En bref

Élevée à la cour de Bretagne, elle épousa le duc Pierre de Bretagne, qui était un mari extrêmement jaloux, et se consacra aux oeuvres de charité. Grande bienfaitrice du Bienheureux Jean Soreth, elle fut à l'origine du second Ordre carmélitain : celui des Carmélites. En 1470, après la mort de son mari, elle devint Carmélite au couvent qu'elle avait elle-même fondé à Nantes. Une petite phrase résume tout son programme de vie : « faites sur toutes choses, que Dieu soit le mieux aimé ». Béatifiée en 1863.

Fête liturgique : le 5 novembre.

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