Sainte Élisabeth de la Trinité — Pensées

1880 – 1906

 

 PENSÉES

En Présence de Dieu

Voici quelques extraits de lettres et de notes de retraites d’Élisabeth, tous centrés sur la présence à Dieu dans notre vie. Elle peut nous accompagner sur le chemin de la prière, relation confiante et aimante à Dieu en toutes choses.


 

La méditation


« Et la méditation ? Je te conseille de simplifier tous tes livres, de te remplir un peu moins, tu verras que cela est bien meilleur. Prends ton Crucifix, regarde, écoute. Tu sais que c’est là notre rendez-vous, et puis ne te trouble pas quand tu es prise comme maintenant et que tu ne peux faire tous tes exercices : on peut prier le bon Dieu en agissant, il suffit de penser à Lui. Alors tout devient doux et facile, puisque l’on n’est pas seul à agir [et] que Jésus est là. »

(L 93)

 

 





 

Ce petit sanctuaire


« Je te garde en mon âme tout près du bon Dieu, dans ce petit sanctuaire tout intime où je le trouve à chaque heure du jour et de la nuit. Je ne suis jamais seule : mon Christ est là toujours priant en moi et je prie avec Lui. Tu me fais de la peine, ma Framboise ; je vois bien que tu es malheureuse et c’est ta faute, je t’assure. Sois tranquille, je ne te crois pas encore toquée, mais énervée et surexcitée, et quand tu es comme cela tu fais souffrir les autres aussi. Ah, si je pouvais t’apprendre le secret du bonheur comme le bon Dieu me l’a appris. Tu dis que je n’ai ni soucis ni souffrances, il est vrai que je suis bien heureuse, mais si tu savais comme, alors même que l’on est contrarié, on peut être tout aussi heureuse ; il faut toujours regarder au bon Dieu. Au commencement il faut faire des efforts lorsqu’on sent tout bouillonner en soi, mais tout doucement à force de patience et avec le bon Dieu on en vient à bout. Il faut que tu te bâtisses comme moi une petite cellule au-dedans de ton âme ; tu penseras que le bon Dieu est là, et tu y entreras de temps en temps, lorsque tu sens tes nerfs, que tu es malheureuse, vite sauve-toi là et confie tout cela au Maître. Ah, si tu le connaissais un peu, la prière ne t’ennuierait plus, il me semble que c’est un repos, un délassement : on vient tout simplement à Celui qu’on aime, on se tient près de Lui comme un petit enfant dans les bras de sa mère et on laisse aller son cœur. Tu aimais tant t’asseoir tout près de moi et me faire des confidences, c’est comme cela qu’il faut aller [à] Lui, si tu savais comme Il comprend bien… »

(L 123)

 


 

 


 

La présence de Dieu

 
« Puisque Notre Seigneur demeure en nos âmes, sa prière est à nous et je voudrais y communier sans cesse, me tenant comme un petit vase à la Source, à la Fontaine de vie, afin de pouvoir ensuite la communiquer aux âmes, en laissant déborder ses flots de charité infinie. « Je me sanctifie pour eux, afin qu’eux aussi soient sanctifiés dans la vérité ». Cette parole de notre Maître adoré, faisons-la toute nôtre, oui sanctifions-nous pour les âmes, et puisque nous sommes tous les membres d’un seul corps, dans la mesure où nous aurons abondamment la vie divine nous pourrons la communiquer dans le grand corps de l’Église. Il y a deux mots qui pour moi résument toute sainteté, tout apostolat : “Union, Amour ”. »

(L 191)
 

 

 


 

La prière

 
« Aimez toujours la prière, chère petite Germaine, et quand je dis la prière, ce n’est pas tant s’imposer quantité de prières vocales à réciter chaque jour, mais c’est cette élévation de l’âme vers Dieu à travers toutes choses qui nous établissent avec la Sainte Trinité en une sorte de communion continuelle, tout simplement en faisant tout sous son regard. »

(L 252)
 

 


 

Dans le silence

 
« Faisons le vide dans notre âme afin de Lui permettre de s’élancer en elle pour venir lui communiquer cette vie éternelle qui est la sienne ; le Père lui a donné pour cela “puissance sur toute chair” nous est-il dit en l’Évangile. Et puis, dans le silence de l’oraison, écoutons-le, Il est le “Principe”, qui parle au-dedans de nous, et n’a-t-Il pas dit : “Celui qui m’a envoyé est vrai et tout ce que j’ai entendu de Lui, moi je le dis”. »

(L 250)
 

 


 

Vis au dedans

 
« Vis au-dedans avec Eux dans le ciel de ton âme ; le Père te couvrira de son ombre, mettant comme une nuée entre toi et les choses de la terre pour te garder toute sienne, Il te communiquera sa puissance pour que tu l’aimes d’un amour fort comme la mort ; le Verbe imprimera en ton âme comme en un cristal l’image de sa propre beauté, afin que tu sois pure de sa pureté, lumineuse de sa lumière ; l’Esprit Saint te transformera en une lyre mystérieuse qui, dans le silence, sous sa touche divine, produira un magnifique cantique à l’Amour ; alors tu seras “la louange de sa gloire”. »

(L 269)
 

 

Louange de gloire

 


 

Une âme qui demeure


« Une louange de gloire, c’est une âme qui demeure en Dieu, qui l’aime d’un amour pur et désintéressé, sans se rechercher dans la douceur de cet amour ; qui l’aime par-dessus tous ses dons et quand même elle n’aurait rien reçu de Lui, et qui désire du bien à l’Objet ainsi aimé.

Or comment désirer et vouloir effectivement du bien à Dieu si ce n’est en accomplissant sa volonté, puisque cette volonté ordonne toutes choses pour sa plus grande gloire ? Donc cette âme doit s’y livrer pleinement, éperdument, jusqu’à ne plus vouloir autre chose que ce que Dieu veut. »

 

 

 


 

Une âme de silence

 
« Une louange de gloire, c’est une âme de silence qui se tient comme une lyre sous la touche mystérieuse de l’Esprit Saint afin qu’Il en fasse sortir des harmonies divines ; elle sait que la souffrance est une corde qui produit des sons plus beaux encore, aussi elle aime la voir à son instrument afin de remuer plus délicieusement le Cœur de son Dieu. »


 

 


 

Une âme qui fixe Dieu

 
« Une louange de gloire, c’est une âme qui fixe Dieu dans la foi et la simplicité ; c’est un réflecteur de tout ce qu’Il est ; c’est comme un abîme sans fond dans lequel Il peut s’écouler, s’épancher ; c’est aussi comme un cristal au travers duquel Il peut rayonner et contempler toutes ses perfections et sa propre splendeur. Une âme qui permet ainsi à l’Être divin de rassasier en elle son besoin de communiquer « tout ce qu’Il est et tout ce qu’Il a », est en réalité la louange de gloire de tous ses dons. »

(CF 43)
 

 


 

L'intimité avec Dieu

 
« Que l’on est heureux quand on vit dans l’intimité avec le bon Dieu, quand on fait de sa vie un cœur à cœur, un échange d’amour, quand on sait trouver le Maître au fond de son âme. Alors on n’est plus jamais seule et on a besoin de solitude afin de jouir de la présence de cet Hôte adoré... il faut Lui donner sa place dans ta vie, dans ton cœur qu’II a fait si aimant, si passionné. Oh ! si tu savais comme Il est bon, comme Il est tout Amour ! Je Lui demande de se révéler à ton âme, d’être l’Ami que tu saches toujours trouver, alors tout s’illumine et c’est si bon de vivre ! »

(L 161)

 

 

 

Saint du jour
Sainte Thérèse d'Avila
1515-1582

Vierge et Docteur de l'Église

Sainte Thérèse d'Avila - 1515-1582 - Vierge et Docteur de l'Église

1515-1582
Sainte Thérèse de Jésus

Vierge et Docteur de l'Église
 
Religieuse espagnole,
réformatrice de  l'Ordre du Carmel au XVIe siècle.
 

   
Nom civil :  Teresa Sánchez de Cepeda y Ahumada
Nom religieux :  Teresa de Jesús
   
Naissance :  28 mars 1515
Décès :  dans la nuit du 4 au 15 octobre 1582
   
Fête :  15 octobre
Rang de la fête :  Solennité au Carmel
   
Béatification :  24 avril 1614
Canonisation :  12 mars 1622
Docteur :  27 septembre 1970

 

 

Les Musulmans, le Nouveau Monde, le protestantisme, le Concile de Trente, I’Inquisition, autant de problèmes en ce XVIe siècle auxquels Thérèse de Jésus (1515-1582) se trouve mêlée. Grande mystique et femme d’action, elle réforme le Carmel et multiplie les fondations, son audace et sa foi triomphant de tous les obstacles. La contemplative sait nous captiver lorsqu’elle montre le chemin de la perfection aux âmes éprises d’absolu.

 


Thérèse d'Ávila (en religion : Teresa de Jesús), née le 28 mars 1515 à Gotarrendura (Vieille-Castille) et morte dans la nuit du 4 au 15 octobre 1582 à Alba de Tormes en Espagne, est une religieuse espagnole, réformatrice de l'Ordre du Carmel au xvie siècle, sainte et docteur de l'Église. Profondément mystique, elle laisse des écrits sur son expérience spirituelle qui la font considérer comme une figure majeure de la spiritualité chrétienne.

La réforme qu'elle impulse dans l'Ordre du Carmel espagnol entraîne quelques années après sa mort la création d'une branche autonome au niveau de l'ordre : l'Ordre des Carmes déchaux. Cette nouvelle branche monastique s'étendra rapidement dans toute l'Europe puis le monde : le nombre des carmes réformés dépassera rapidement, et dépasse toujours, le nombre des carmes non réformés.

Thérèse est canonisée en 1622, sa fête liturgique est fixée le 15 octobre. Au xxe siècle, elle est déclarée docteur de l'Église catholique ; elle est la première femme à obtenir ce titre. Si son influence spirituelle, associée à celle de saint Jean de la Croix, a été très forte au xviie siècle, de nos jours, elle reste une référence au-delà de sa famille monastique et même à l'extérieur de l’Église catholique.

Elle est l'auteur de nombreux ouvrages tant biographiques que didactiques ou poétiques. Ceux-ci sont régulièrement réédités dans le monde entier. Elle est encore aujourd’hui le sujet de nombreuses publications.

Éphémérides
Fête de Sainte Thérèse d'Ávila
1515-1582
Sainte Thérèse d'Avila meurt à Alba de Tormès
1582-10-15
Fondation du Carmel de Hanoï – Vietnam
1895-10-15
Transfert du couvent de Montréal sur la Paroisse Saint-Denis
1896-10-15
Consécration de la nouvelle église du Carmel de Montréal
1898-10-15
La décision de fonder le Carmel de Danville est prise
1956-10-15
Le Pape Paul VI annonce son projet de nommer Sainte Thérèse de Jésus Docteur de l'Église
1967-10-15
Funérailles de Mlle Marie-Pila
1974-10-15
Inauguration du Couvent des Carmes à Montréal
1993-10-15
Fondation du couvent des Carmes à Trois-Rivières
2004-10-15
Parole du jour