Le Prophète Élie

 

  Élie et Marie aux origines du Carmel

Le prophète Élie (1R17;19) est avec Marie aux origines du Carmel... Il est indissociablement lié au mystère de Marie… Il est celui qui convoque l’assemblée (l’Église) au Mont Carmel, celui qui purifie l’Église (cf Jean-Baptiste). La Tradition le sent bien qui a toujours vu dans le petit nuage aperçu après une sécheresse de trois années, la figure de Marie. 

Comme la Femme contre le dragon Élie s’enfuit au désert. Et si Élie et Marie sont à la source (la source d’Élie) du mystère, ils sont également présents au dévoilement ultime de l’Amour : Elie est le précurseur du jour de Yahvé (Mal 3,23-24). 

La tradition juive pense non seulement qu’Élie n’est pas mort, mais elle croit à son retour sur terre lors de la Parousie du Messie (Enoch, 4Esdras). L’Évangile reflète cette tradition: des prêtres et des lévites interrogent Jean-Baptiste : Es-tu Élie ? (Jn 1,21) et les apôtres sont témoins de cette attente des scribes (Mc 9,11) Et ils lui posaient cette question : « Pourquoi les scribes disent-ils qu'Élie doit venir d'abord ? » Dès la première génération chrétienne on pense que Jean Baptiste est Elie dont le retour est annoncé. Les paroles du Christ l’insinuent (Mat 17:12-13) : « “or, je vous le dis, Élie est déjà venu, et ils ne l'ont pas reconnu, mais l'ont traité à leur guise. De même le Fils de l'homme aura lui aussi à souffrir d'eux.” Alors les disciples comprirent que ses paroles visaient Jean le Baptiste. »

De même l’annonce de l’ange à Zacharie montrait dans le futur Jean-Baptiste la mentalité et l’attitude d’Elie (Lc 1:17) : « Il marchera devant lui avec l'esprit et la puissance d'Élie, pour ramener le cœur des pères vers les enfants et les rebelles à la prudence des justes, préparant au Seigneur un peuple bien disposé. »

Tous ces liens avec Jean baptiste sont également à méditer par rapport au mystère de Marie. 

Élie disparaît au Ciel dans une sorte d’assomption !… Il apparaîtra aux apôtres en compagnie de Jésus et de Moïse lors de la Transfiguration… 

Pourquoi ce lien entre Élie et Marie est-il si important pour le Carmel ? C’est parce qu’il concerne le fond de notre vocation qui est de vivre et de proclamer le mystère de la Miséricorde. Ce mystère est le grand secret caché depuis des siècles… Il est à la fois caché et révélé !… Car c’est le secret d’amour de Dieu… 

Voici quelques gandes perspectives trop brièvement mais qui sont le cœur de la vie carmélitaine…

La Vierge Marie dans son Immaculée Conception est le plus grand miracle de la Miséricorde. Le Carmel vit de ce mystère depuis ses origines et ne désire vivre que dans cette attitude mariale de reconnaissance et d’abandon (cf Thérèse de Lisieux). Le mystère de Marie peut nous faire découvrir l’abîme de la Miséricorde, c’est-à-dire le cœur même de Dieu, en nous le dévoilant à travers sa “maternelle protection” (son scapulaire). En effet, Marie, mieux que le bon Larron ou Marie Madeleine, peut témoigner de la gratuité de l’Amour et de sa prévenance, elle à qui tout a été remis d’avance. C’est le mystère de l’Immaculée Conception. Le mystère du “reste” que nous retrouverons dans le cycle d’Élie.

1 R19:18 « Mais j'épargnerai(shaarti) en Israël sept milliers, tous les genoux qui n'ont pas plié devant Baal et toutes les bouches qui ne l'ont pas baisé. »

Mystère infini qui nous invite à faire l’expérience de notre misère (par avance ou par conséquence de notre péché) afin de découvrir le coeur miséricordieux de Dieu, ce cœur qui convoite notre misère et qui veut surtout devenir notre cœur. C’est l’admirable échange. C’est accueillir en nous le cri du Sacré-Cœur. Cette découverte est à la fois une béatitude, une brûlure et une blessure (ô délicieuse plaie !…). Elle est chantée par tous mystiques et tout particulièrement par le Carmel. La découverte du Sacré-Cœur et de l’ “abaissement” de l’Amour (cf le lavement des pieds) est une redoutable épreuve que tous les apôtres ont dû traverser, à commencer par Pierre. Elle est la grande affaire de notre vie, celle d’une rencontre avec le Fils de l’homme, avec Jésus venu incarner la “folie” amoureuse du cœur de Dieu.

« Ô Jésus ! laisse-moi dans l'excès de ma reconnaissance,
laisse-moi te dire que ton amour va jusqu'à la folie… 
Comment veux-tu devant cette Folie que mon cœur ne s'élance pas vers toi ?
Comment ma confiance aurait-elle des bornes ?… » 
(Ms B 75-76)



Le prophète Élie fera lui aussi l’expérience de la rencontre avec le cœur de Dieu à travers un zèle ardent qui devra peu à peu s’écrouler pour accueillir le vrai mode victorieux de l’Amour. 

Le cycle d’Élie devra être reçu dans cette perspective. Élie, invoqué comme le “Père” du Carmel éclaire de manière conjointe le mystère de Marie. La tradition carmélitaine a associé dans sa tradition la geste d’Élie (le feu) et la typologie mariale : le petit nuage (l’eau)…

« Depuis le prophète Élie jusqu`à Thérèse de Lisieux, l`histoire du Carmel est un long trait de feu qui commence avec la descente du feu du ciel sur la victime devant les prêtres de Baal, l`enlèvement d`Élie sur son char, continue avec la flèche enflammée du séraphin dans le coeur de Thérèse d`Avila, les chants de Jean de la Croix sur la Vive Flamme, et se termine par la consécration de Thérèse de Lisieux en victime d`holocauste à l`Amour miséricordieux… Notre misère n`a rien à en craindre, seul l`orgueil a tout à craindre. Le point d`orgue de cette spiritualité, c`est l`ouragan de gloire, propulsant Thérèse de l`Enfant-Jésus dans le monde entier, nous rappelant que le feu auquel nous sommes promis (tout créature doit être salée par le feu) est un feu de Miséricorde… » M.D. Molinié, “Le théologien et le Carmel”, Carmel, “horizon 2000”, Ed Fayard.

 

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