Saint Albert de Jérusalem — Qui es-tu ?

 Patriarche de Jérusalem

1150 – 1214

  Sa Vie

 

Évêque de Verceil (au nord de l’Italie) Issu de la famille des Avogadro ou des Sabbioneta, il naquit en 1150 dans le diocèse de Reggio Emilia, entra chez les Chanoines réguliers de Sainte Croix à Mortara (Pavie) et y fut élu pieur en 1180. Sacré évêque de Bobbio en 1184, il fut déplacé à Verceil en 1185. C’était un conciliateur adroit et un diplomate. Il négocia entre le pape Clément III et l’empereur Henri VI (fils de Frédéric Barberousse), entre les seigneurs féodaux et les villes de l’Italie du Nord.

Il fit preuve à la fois de sagesse et de grande ferveur en maintes circonstances de la vie ecclésiastique. Il composa des Statuts pour les Chanoines réguliers et organisa en 1191 un synode diocésain. On le consulte aussi pour une règle pour les humiliés.

Son arrivée en Terre Sainte

Le légat pontifical en Palestine fut élu patriarche de Jérusalem. Refusant toutefois cette élection, il quitta la Terre Sainte. Les Chanoines du Saint Sépulcre à Jérusalem y élirent alors Albert de Verceil comme patriarche. Le pape n’entendit tout d’abord pas se séparer de son fidèle négociateur, il s’y décida cependant en 1205 et nomma lui-même Albert comme patriarche de Jérusalem. L’évêque partit donc pour la Terre Sainte au début de l’année 1206, mais comme les Sarrasins venaient de reprendre Jérusalem, il ne put s’y rendre et établit son siège provisoire à Saint Jean d’Acre (environ 40 km au nord du mont Carmel).

Il se distingua dans sa nouvelle charge, comme jadis auprès du pape, par ses qualités de fin diplomate et de conciliateur. Le 14 septembre 1214, au cours d’une procession de la Sainte Croix, il fut lâchement assassiné par le recteur de l’Hôpital du Saint Esprit, qu’il venait de démettre de ses fonctions pour cause de moeurs. Aussi pouvons-nous situer la rédaction de la Règle de saint Albert entre 1206 et 1214.

 

  Auteur de la Règle du Carmel

La demande à Albert

Les ermites, groupés autour de leur guide «  B », sollicitèrent Albert, patriarche de Jérusalem, de leur rédiger une « formula vitae », une règle de vie. Ces ermites avaient donc un « propositum », un plan, un projet. Le terme « propositum » désignait jadis un projet religieux, c’est-à-dire le propos de se vouer à Dieu dans une forme de vie à l’imitation du Christ.

Ces solitaires, donc, désiraient s’insérer officiellement dans l’état de vie religieuse, aussi demandèrent-ils une « formula vitae », une forme de vie reconnue par l’Eglise. Or, à strictement parler, ils n’avaient pas le droit de s’arroger une nouvelle « règle », car seules les anciennes règles (de saint Benoît, saint Augustin et saint Basile) étaient approuvées dans l’Eglise. On appelait « règle » toute formule de vie composée par un Père de l’Eglise ou par un saint des siècles passés. Des Ordres plus récents étaient ordinairement acculés à reprendre l’une de ces trois grandes règles de vie. Les ermites du mont Carmel désiraient cependant une règle propre, une formule de vie qui leur serait désormais particulière.

Il est possible que nos ermites étaient au courant de ce qui se préparait pour le 4e concile du Latran (11-30 nov. 1215) qui devant la profusion des mouvements religieux, pour éviter la confusion, interdit la formation de tout nouvel ordre.

Quel genre de règle voulait-il leur donner ?

Les solitaires, résidant au mont Carmel, avaient demandé une règle propre pour une vie, qu’ils envisagent comme essentiellement érémitique et contemplative. Albert répondit pleinement au voeu de ces ermites, que très probablement il connaissait d’assez près. Saint Jean d’Acre, lieu de sa résidence, n’étant pas très éloigné du mont Carmel, comme nous venons de le signaler.

Sa source principale est indubitablement l’Écriture Sainte (nous comptons environ 33 citations). Ce qui donne à la règle un caractère hautement biblique. Très probablement citait-il de mémoire. Albert utilise de plus, sa propre expérience religieuse en empruntant par exemple certains textes des Constitutions des Chanoines réguliers de Sainte Croix et de la règle de Saint Augustin écrite vers 400 pour des moines laïcs. Il est probable que le législateur ait repris des oeuvres de Jean Cassien (+ 435), l’exhortation au sujet des « armes spirituelles » (n°15). Cassien avait fréquenté les Pères du désert.

Fête liturgique : le 17 septembre.

 

 

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